Maison de la culture Côte-des-Neiges
Ville de Montréal
Passage
Photographies de Patrice Bégin
du 30 octobre au 23 décembre 2002

Quito, Équateur,
latitude 0' 0' 0' / août 1996
Visage-paysages
Au fil de nombreux périples autour du monde,
Patrice Bégin s'est mis en scène
sans autre prétention que le goût de la représentation
et le plaisir de documenter, en images, à la façon
d'un journal de voyage. Au-delà du cliché touristique,
c'est avec certaines notions artistiques, notamment en cinéma,
et un sens aigu du géopolitique qu'il inscrit, non sans humour,
sa présence au monde.
L'autoportrait est ici revisité. Il est le
fil conducteur et le « déclencheur »
qui nous a permis de rassembler cette série. D'une part,
la règle étant que l'auteur-acteur est le maître
d'uvre de la captation photographique, du moins pour son orchestration,
à quelques collaborations près. D'autre part, que
la mise en scène et le cadrage affichent autrement qu'un
portrait, révèlent l'expression contextuelle, affirment
une certaine forme narrative. En d'autres mots, que le « sujet »
fasse corps avec l'environnement, que chaque plan soit en définitive
conceptualisé dans un temps singulier, un momentum particulier.
Ceci, peut-être pour mieux démarquer une dimension
symbolique d'un espace via un territoire parcouru et plus spécifiquement
composer avec une zone toujours investie ou connotée d'une
charge culturelle. Si l'aléatoire est souvent le propre de
l'instantanéité, il est ici inhérent au procédé
même de prise de vue dite à retardement. Malgré
toutes les attentions portées au découpage des scènes,
l'improvisation, la spontanéité et le mouvement demeurent
une constante.
Pour Patrice Bégin, l'écriture est
le complément d'objet direct à tout processus créatif,
y compris celui du parcours intimiste au fil des jours. Les poèmes
qui accompagnent les images veulent évoquer l'état
de l'instant et du lieu avec le recul de la mémoire. Ils
sont des interprétations, des traductions autant que des
« recréations » avec le langage verbal,
mais tout aussi imagés. Sortes de haïkus japonais qui
commandent au temps de suspendre son vol.
Luk Côté, commissaire de l'exposition
Passage
Bien sûr, je n'ai été que de passage...
Mon parcours de la planète, c'est graduellement qu'il se
poursuit.
Tantôt par petits bouts. Tantôt par grandes bouchées.
Toujours avec le même émerveillement. La même
sincérité.
J'aime le monde. Je suis de ceux qui croient qu'il m'appartient,
à moi aussi.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai voulu partir.
L'ailleurs me fascine. Exerce sur moi un puissant pouvoir attractif.
Je puise dans le voyage une force indescriptible qui me donne des
ailes.
Me rend téméraire. Vivant!
L'idée de cette exposition a surgi d'une démarche
qui, a priori, ne s'en voulait pas une.
Je ne me souviens plus quand, ni pourquoi exactement,
mais j'ai pris l'habitude, lors de mes périples, de faire
mon autoportrait.
Était-ce parce que j'ai fini par me lasser de ces éternelles
photos floues,
" sur " ou " sous-ex ", prises par des étrangers
accostés au hasard ?
Tout a débuté comme un acte de création spontanée.
Empreint d'insouciance.
Librement et sans autre prétention que le goût de la
représentation,
j'ai commencé à me mettre en scène. Pour le
plaisir.
Pour inscrire en images ma présence au monde.
Pour tenter de capter, l'espace d'un cliché, cette (im)pulsion
ressentie
alors qu'étant de passage
Patrice Bégin / octobre 2002
Patrice Bégin
a complété des études en communications, option
cinéma, à l'Université du Québec à
Montréal. Parmi ses principales réalisations : Il
festino di Pasta (1995), un court-métrage de fiction
présenté dans plusieurs festivals nationaux et internationaux,
Jean & Siegfried (1997), scénario de long métrage
ayant bénéficié d'une bourse en développement
de la SODEC, et Du front tout l'tour d'la terre, pièce de
théâtre présentée à Val-D'or et
à Amos durant l'été 1997 et dans laquelle il
a même tenu l'un des rôles principaux. Patrice a également
écrit un roman appelé L'Envers
de la Philarmonie d'Anvers. De septembre 1997 à avril
2000, il lève les voiles vers l'Europe et profite d'être
basé à Londres pour voyager de façon frénétique!
La photographie semble être devenue, depuis quelques années,
le moteur de sa création.
Photos du vernissage




Retour en haut de page
|